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Le puzzle de la fiscalité automobile italienne: analyse des données de l’ANFIA 2022

Anfia

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Dans les arcanes de l’industrie automobile italienne, le terme « évolution fiscale » résonne avec une intensité particulière. L’année 2022 a vu le paysage fiscal de ce secteur vital traverser des turbulences subtiles. À première vue, la pression fiscale totale, avoisinant les 71 milliards d’euros, semble s’élever comme une montagne indomptable. Toutefois, ce montant colossal masque une légère décroissance de 1,4 % par rapport à l’exercice précédent. Une telle baisse, bien que modeste, mérite une analyse minutieuse pour comprendre les méandres fiscaux qui ont mené à cette situation.

Au cœur de cette évolution se trouve un changement notable dans la structure des recettes fiscales de l’État italien. L’année sous revue a établi que la contribution proportionnelle de l’industrie automobile au pot commun a connu un repli, passant de 14,4% à 12,9%. Ce recul est en grande partie dû à l’augmentation globale des recettes fiscales, qui a grimpé de 9,9% par rapport à 2021. Cette dynamique laisse entrevoir un paysage où l’automobile, bien qu’importante, perd du terrain face aux autres secteurs contributeurs au budget national.

Il convient de mentionner que cette diminution ne traduit pas une volonté délibérée des autorités de réduire la charge fiscale sur l’automobile, mais plutôt les conséquences d’événements cycliques. L’ajustement des droits d’accise – une mesure prise pour contrecarrer les effets de l’escalade des prix des carburants – et la récession observée sur le marché des véhicules neufs et d’occasion sont des facteurs clés de cette évolution.

Dans cette fresque économique, le secteur automobile conserve néanmoins un rôle de premier plan dans l’économie nationale. Avec une contribution au PIB national de 3,6%, ce secteur s’affiche comme le plus prépondérant parmi les grandes nations européennes, un fait qui souligne son importance stratégique pour l’Italie.

Quant à la répartition de la pression fiscale au sein de l’industrie, elle se divise en trois grands actes. Le premier, et non des moindres, est celui lié à l’utilisation des véhicules. Ce dernier capte 77,8% des recettes fiscales totales du secteur, soit plus de 55 milliards d’euros, dominé essentiellement par les taxes sur les carburants et la TVA sur l’entretien ainsi que les réparations et achats connexes.

Le deuxième volet concerne l’achat des véhicules, pesant pour 12,1% du total fiscal avec 8,56 milliards d’euros. Il convient de noter une baisse de 5,8% par rapport à l’année précédente, un recul qui s’explique principalement par la chute des immatriculations de voitures neuves et d’occasion.

Le dernier segment fiscal, celui de la possession de véhicules, représente 10,1% du total des recettes, équivalant à 7,17 milliards d’euros. Contrairement aux autres segments, celui-ci affiche une croissance de 4,4%, principalement due au paiement de la taxe automobile.

Tournant nos regards vers l’horizon, les projections de l’ANFIA pour 2023 dessinent un avenir où la pression fiscale sur la motorisation pourrait connaître une nouvelle ascension. Avec une estimation qui frôle les 77 milliards d’euros, stimulée particulièrement par les augmentations de taxes liées à l’achat et à l’utilisation des véhicules, l’industrie automobile italienne pourrait se voir attribuer le titre peu enviable de championne de la fiscalité. Un record qui, s’il se concrétise, attesterait de la complexité sans cesse grandissante du cadre fiscal auquel ce secteur est assujetti.

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