Le canal de Suez et l’Italie: pourquoi la sécurité du trafic maritime est cruciale

Le canal de Suez et l’Italie: pourquoi la sécurité du trafic maritime est cruciale
Bab el-Mandeb

Dans les eaux tumultueuses de la mer Rouge, une crise silencieuse, mais aux répercussions bruyantes, déferle sur l’économie mondiale, frappant avec une force particulière l’Italie, une nation connue pour son art de vivre mais aussi pour sa sensibilité aux fluctuations du commerce mondial. Entre la fin de l’année 2023 et le début de 2024, l’économie italienne a subi des pertes estimées à 8,8 milliards d’euros, un chiffre qui équivaut à un déficit quotidien de 95 millions d’euros, un coup dur pour le berceau de la Renaissance qui s’efforce aujourd’hui de naviguer les eaux agitées du commerce international.

Le détroit de Bab el-Mandeb, où des navires commerciaux sont menacés par les rebelles Houthis du Yémen, est une artère vitale pour l’acheminement de marchandises. Ce passage est devenu synonyme d’incertitude pour les opérateurs économiques italiens. En chiffres plus détaillés, l’Italie a vu s’évaporer quotidiennement 35 millions d’euros en raison d’exportations compromises ou reportées, auxquels s’ajoutent 60 millions d’euros attribuables à des chaines d’approvisionnement défaillantes en produits manufacturés. Ces pertes, aussi spectaculaires que préoccupantes, témoignent de l’ampleur de la crise sur le tissu économique transalpin, où des régions telles que la Lombardie, l’Émilie-Romagne et le Piémont, pour n’en citer que quelques-unes, ressentent la tension de cette déstabilisation.

Il est crucial de comprendre que le canal de Suez, porte d’entrée de la mer Rouge, est un passage stratégique pour près de 12 % du commerce maritime international. Son blocage ou la perturbation de son accès pourraient avoir des conséquences dévastatrices pour l’économie globale. L’Italie, reconnaissant l’urgence d’agir, s’est ralliée à la France et à l’Allemagne pour pousser l’Union européenne à déployer une mission de protection maritime dans cette région sensible.

La mission européenne nommée « Aspides » est une réponse collective à ces préoccupations sécuritaires. Mise en place lors d’une réunion du Conseil des Affaires étrangères de l’UE, elle ambitionne de sécuriser les voies maritimes s’étendant du détroit de Suez jusqu’au détroit d’Ormuz. L’initiative a suscité un vif intérêt, car un ralentissement économique dans la zone euro pourrait pousser la Banque centrale européenne à réviser à la baisse ses taux d’intérêt plus tôt que prévu, une manœuvre d’équilibriste à laquelle les marchés financiers sont particulièrement attentifs.

Dans ce contexte, l’Italie, plaidant pour la protection de ses navires marchands, a pris un engagement clair dans la mise en œuvre de la mission militaire « Aspides ». Le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, bien que s’exprimant sans citation directe, a exprimé la détermination de son pays à protéger la flotte commerciale italienne. En effet, pour une nation dont l’économie est essentiellement tournée vers l’exportation, la sécurité des navires de commerce est désormais au centre des préoccupations nationales. Il n’est pas exagéré d’affirmer que la flotte navale italienne est en état d’alerte, prête à l’emploi de la force pour défendre la sécurité de son commerce maritime.

Face à cette instabilité, le gouvernement italien a pris des mesures législatives pour une intervention plus prompte en cas de crise. Le Conseil des ministres a révisé la loi sur la participation de l’Italie aux missions internationales, dans l’objectif d’accélérer le déploiement de forces opérationnelles. Ces modifications législatives, bien que générales et non limitées à un contexte spécifique, renforcent indéniablement les capacités de réaction rapide de l’Italie face aux crises internationales, soulignant l’importance cruciale de protéger les intérêts économiques italiens au-delà de ses frontières.

Dans cette période de turbulences géopolitiques, l’Italie, perturbée mais résolue, s’efforce de préserver son commerce, reliant les fragments de stabilité économique aux fils de la diplomatie et de la force militaire. La nation du Colisée fait face à des défis émergents avec une détermination renouvelée, consciente que la sécurité maritime est désormais un enjeu aussi crucial pour son avenir que pour l’équilibre précaire de l’économie globale.